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Parce qu’il faut bien faire un jeu de mot

Vous connaissez les GAFA – Google, Apple, Facebook, Amazon ? Oubliez-les ou presque. Voici Netflix, Airbnb, Tesla et Uber, les NATU.

Alors que les GAFA dominent le monde du numérique, les NATU font… la même chose.

les NATU : Netflix, Airbnb, Tesla, Uber

les NATU : Netflix, Airbnb, Tesla, Uber

Comme pour les GAFA, dans les NATU, on retrouve des choux et des carottes. Dans chacun des deux groupes, nous n’avons qu’un seul constructeur, Apple d’un côté et Tesla de l’autre. Mais ce qui m’intéresse, ce sont Airbnb et Uber. Ils font le même métier : la “mise en relation”.

Grâce à eux, nous avons le droit à de nouveaux mots : disruption et uberisation (airbnbisation c’était plus dur à prononcer, désolé les mecs).

On voit donc fleurir ces nouveaux concepts dans les présentations, les articles de presse et les discours des consultants. L’avenir de l’économie est à l’uberization. Uberization of everything ! Faites votre révolution digitale si vous ne voulez pas perdre votre marché ! Disrupt eveything !

Une chose est claire, Airbnb et Uber ont réussi là où les acteurs historiques ont échoué : la simplicité d’accès et la qualité de service – quoi que, pour le second point, ca commence à ne plus être si vrai.

En n’incluant pas le numérique dans leur ADN, les taxis ont laissé la porte grande ouverte à de nouveaux entrants capables répondre aux attentes clairement exprimées par les consommateurs depuis des années. Ajoutez à cela une communication léchée sur une qualité de service aux antipodes de leurs concurrents et vous avez un appel d’air mérité vers ces services.

Uberization of everything : l'application Uber | Uber

Uberization of everything : l’application Uber | Uber

Sauf qu’il y a des côtés pervers à l’uberization

L’uberization crée de la précarité

L’uberization est une forme d’esclavage moderne ou de proxénétisme car il vise à exploiter du travail d’autrui sans en assumer aucune responsabilité. l’Uberizeur c’est celui qui se place entre le client et le travailleur pour ponctionner une partie du revenu qui aura été fixé par avance par l’uberizeur. Et quand l’uberizeur décide de baisser les tarifs, le travailleur n’a plus qu’à se plier aux désirs de son maître ou à abandonner le métier.

L’uberization ne crée pas de la qualité

En ne contrôlant pas ceux qui fournissent le service, les uberizeurs peuvent laisser entrer le loup dans la bergerie. On ne compte plus les histoires, sur airbnb, de logements très loin des photos ou des commentaires du site, de voyageurs qui se retrouvent à la rue parce que le loueur a pété un cable quand on lui dit que quelque chose n’allait pas, de jeunes femmes qui font une très mauvaise rencontre. Mais aussi sur Uber, quand le chauffeur décide de vous faire visiter trois fois Paris avant de vous amener à destination et/ou de vous casser le nez si votre tête ne lui revient pas trop.

D’ailleurs cette situation s’explique facilement. Pour avoir une certaine qualité de service, il est nécessaire d’avoir un minimum de middle management. Sauf que le middle management est de la responsabilité du client chez Uber ou airbnb. A ce titre, je vous invite à lire cet article sur le sujet.

D’un autre côté, il y a un effet pervers positif inattendu à l’uberization à savoir que :

L’uberization permet de se libérer de l’uberization

Quand Uber a baissé ses tarifs, de nombreux chauffeurs se sont collectés afin de lancer leur propre application (110 000€ tout de même). Ils ont pour ambition de proposer un service, toujours de qualité, mais plus respectueux des travailleurs qu’ils sont.

Uberization of everything : Timmy invente une nouvelle categorie de transport individuel | South Park

Uberization of everything : Timmy invente une nouvelle categorie de transport individuel | South Park

Des agriculteurs ont créé leur propre site internet afin de vendre leur production sans être tributaires des centrales d’achat qui leur imposaient des conditions commerciales toujours moins profitables.

On retrouve là ce qu’aurait dû être l’essence même de l’uberization. Favoriser une économie du partage qui ne serait pas dans les mains de quelques groupement d’intérêts qui verrouillent les accès aux consommateurs comme le font les mafias.

En attendant, Ohlala veut devenir le Uber de la prostitution. Logique.

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  1. A mon avis vous aller pas avoir droit à des codes promo chez Uber car bcp de vos confrères voyage gratuit sur Uber je vs tire mon chapeau pour ce super article